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Bruno Genesio, lassé de vivre le même scénario : « Si on se contente d’être satisfaits des défaites “encourageantes”, on n’avancera pas »

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Genesio OM

Après le revers de l’OM dans le Classique, en clôture de la 5e journée de Ligue 1 (1-2), Bruno Genesio s’est montré lassé de voir le même scénario se répéter et ne veut plus se contenter de défaites encourageantes. (Crédit photo : Terres de Ligue 1)

Bruno, malgré la défaite, retenez-vous la prestation encourageante de votre équipe face au PSG ?

Oui mais j’en ai un peu marre de dire ça. On ne peut pas être satisfait d’une défaite, surtout lorsqu’on reproduit les mêmes erreurs. Parce que si on prend un but face à une équipe qui est la meilleure d’Europe, avec un décalage, avec du jeu à trois, avec une frappe en lucarne, on applaudit, ils sont meilleurs, il n’y a pas de problème. Mais encaisser un but encore une fois sur un deuxième ballon, parce qu’on vient de marquer et qu’on est déconcentré, c’est un manque de maturité et on n’apprend pas de nos erreurs. Je ne peux me satisfaire.

Évidemment que je n’ai rien à reprocher dans l’attitude, je n’ai rien à reprocher dans ce qu’on a fait face à la meilleure équipe d’Europe avec les moyens que l’on a, mais c’est quand même pas normal qu’encore une fois on cède sur ce genre d’actions. Et ça, c’est l’exigence qu’on doit avoir avec nous, parce que si on se contente d’être satisfait des défaites à Rennes parce qu’on a fait une bonne première mi-temps, à Besiktas, parce qu’on a fait une bonne heure, ce soir, parce qu’on a tenu tête au PSG, même si sur la deuxième mi-temps, on a été un peu plus bousculé. Et on n’avancera pas comme ça, c’est pas comme ça qu’on avance. Dans ces matchs-là, justement, on aurait dû se servir des matchs précédents pour tenir ce résultat et peut-être même faire mieux encore.

On vous sent frustré. Avez-vous des regrets après avoir cru pouvoir obtenir un résultat ?

Oui, j’y ai cru, parce que je pense qu’on a fait le match qu’on souhaitait faire, dans l’organisation, dans la discipline défensive, dans les efforts que les joueurs ont fait. Et c’est quand même très, très dommage de concéder un but de cette façon. Mais pas comme ça, pas sur un deuxième ballon où on est complètement inattentif et tout le monde passe à travers. Je ne peux pas me satisfaire d’avoir perdu, honorablement, même si c’est la meilleure équipe d’Europe. Ce n’est pas mon état d’esprit, ce n’est pas pour ça que je fais ce métier.

Avez-vous des nouvelles concernant la blessure de Paixao ?

Je n’ai pas eu le temps de faire le point avec le médecin. Je pense que ce que j’ai vu, c’est plutôt une torsion à la cheville. Mais je ne suis pas sûr, donc je ne voudrais pas vous dire de bêtises.

« À Marseille, on ne peut pas se satisfaire d’une défaite honorable »

Comme lors de précédents matchs, l’OM a davantage souffert physiquement en seconde période. Comment l’expliquez-vous et cela vous inquiète-t-il avec l’accumulation des rencontres à venir ?

Je trouve que sur ce match-là, on a été en progrès dans ce domaine. Même si c’est vrai qu’on a beaucoup plus subi en deuxième. On a été plus mis en danger, parce que c’est là où ils ont les meilleures occasions. Mais j’ai trouvé qu’on était en progrès dans ce domaine. Maintenant, c’était face à Paris. Vous n’avez que 30 ou 35 % de possession. Le reste du temps, il faut beaucoup courir, faire beaucoup d’efforts. Je trouve que c’est peut-être un peu normal qu’on ait un petit peu faibli en deuxième mi-temps. Mais pas tant que ça finalement. Parce que j’ai aussi le souvenir qu’on a bien défendu, mais aussi eu quelques situations intéressantes pour marquer avant qu’eux ne le fassent. De ce côté-là, je suis plutôt rassuré. Ce n’est pas ça qui m’inquiète le plus.

Dans quel état d’esprit avez-vous retrouvé vos joueurs dans le vestiaire ? Et cette notion de « défaite honorable », également mise en avant par certains supporters, vous inquiète-t-elle ?

Déjà, à Marseille, on ne peut pas se satisfaire d’une défaite honorable. Je le répète. On peut avoir des défaites, c’est une partie du foot, mais se satisfaire de défaites honorables, surtout lorsque c’est 4 de suite en championnat, ce n’est pas acceptable. Et puis, l’ordinateur n’a pas été très clément avec nous parce qu’on joue le Classique après avoir joué à Besiktas jeudi alors que Paris n’a pas joué cette semaine. C’est comme ça, c’est le hasard.

Mais j’entends les « ça ira mieux après parce qu’on jouera les équipes de bas de tableau », mais non. On sait que tous les matchs en Ligue 1 sont difficiles. Lorsque vous pouvez prendre des points justement face à de très bonnes équipes, ça donne de la confiance et ça permet aussi de capitaliser là-dessus. Et je pense que sur les derniers matchs, on n’est pas payé, mais aussi parce qu’on n’a pas fait suffisamment pour mériter mieux.

« Il n’y a pas d’idée de démissionner »

L’OM est avant-dernier après cinq journées. Quel regard portez-vous sur cette 17e place malgré un calendrier particulièrement difficile ?

Ce n’est pas la place qu’on imaginait, même si certaines conditions d’avant-saison pouvaient laisser craindre un début de championnat difficile. Mais quand même pas à ce point-là. Maintenant, on est là. Il y a des choses bien, il y a des choses à corriger. Il va falloir s’habituer aussi à lutter. Parce que quand on est dans cette situation, ce n’est pas la même chose que quand on joue le haut de tableau. Et à Marseille, on a l’habitude de jouer le haut de tableau. Un peu moins l’habitude d’être là au bout de cinq journées.

C’est pour ça que je tire un peu la sonnette d’alarme quand on me dit que ce sont des défaites honorables. Parce que je suis complètement d’accord. Il ne faut pas penser que quand on va aller jouer à Troyes ou à Angers, les matchs vont être plus faciles. Il va falloir se mettre dans la tête qu’on est en mission, maintenant.

Canal+ indiquait avant le match que vous aviez envisagé de démissionner, notamment parce que vous vous seriez senti floué sur certaines conditions de votre arrivée. Avec la trêve qui arrive, l’idée d’une démission est-elle présente dans votre esprit ?

Non, il n’y a pas d’idée de démissionner. Je ferai un point avec la direction, avec mon staff aussi, avec les joueurs. Parce que pour l’instant, ce qui m’importe, c’est de faire progresser l’équipe.

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